Chapitre 54 : Contrat de coaching — L’Espoir Millénaire

Plusieurs années plus tard, dans une petite tribu.

Un jeune homme était agenouillé dans sa hutte, le visage tordu de douleur. Sa peau était parcourue de fissures sur tout le corps, comme brûlée et craquelée par les flammes.

«Grand… Roi Immortel…»

Les mains appuyées contre le sol, il avait l’impression qu’une flamme explosait dans sa poitrine, et son esprit vacilla sous le choc. Puis une agréable fraîcheur émergea du centre de cette flamme et se répandit rapidement dans tout son corps.

Une dizaine d’années plus tard, dans un autre coin du continent, un village était en train d’être pillé. Une femme au visage pâle, portant une longue épée d’argent sur le dos, entra par l’entrée du village.

«Quel crime ont-ils commis ?»

Sur le chemin du village, des villageois roués de coups et ligotés gisaient ensemble en pleurant. Leurs maisons étaient détruites et incendiées.

«Ces gens n’ont pas livré de grain au Roi Immortel.»

Un homme armé d’un sabre qui gardait ces gens la regarda d’un air ahuri. Cette femme était aussi belle que le clair de lune, et il répondit à sa question sans même s’en rendre compte.

«Ah, quelle belle femme sans poils, attachez-la vite, offrez-la au serviteur du Roi.»

La foule vêtue de peaux de bêtes se rua sur elle.

La femme tira l’épée de son dos, qui se couvrit rapidement de givre.

Pff, pff, pff !

En un seul échange, tous ces hommes s’effondrèrent en gémissant.

Celui qui avait donné l’ordre, terrifié, voulut contrôler ses mains et ses pieds, mais n’y parvint pas : ses tendons avaient tous été sectionnés par la lame.

Voyant la longue épée suspendue au-dessus de sa gorge, le chef de ces hommes étendus par terre se mit à sangloter bruyamment, suppliant grâce de toutes ses forces.

«Ces crimes, je n’ai jamais entendu le Roi ni les serviteurs en parler.»

«Vous ne pouviez pas les entendre, seuls les disciples…»

La femme rengaina son épée et se retourna pour partir.

«Libérez-les. Si je reviens et que ce village a disparu, vous, ainsi que votre prétendu disciple, vous mourrez tous.»

Sa voix légère flottait comme le vent et la neige dans le village où le brouillard s’épaississait.

Yang Zizang était arrivé au fond de la fosse océanique.

Sa peau, compressée par l’eau de mer, se déformait et s’étalait, mais son corps n’avait pas été écrasé et conservait encore une forme humaine. Avec les progrès constants de son entraînement, il était désormais assez fort pour résister à la pression de l’eau à plusieurs centaines de mètres de profondeur.

Bien que cela ne fût dû qu’à l’effet de ce corps de force psychique, il se souvenait encore de sa première plongée : il n’avait plongé qu’à une centaine de mètres avant de commencer à se déformer gravement.

Devant lui, une lueur rouge — c’était de la lave qui suintait continuellement. Au milieu se trouvait une pierre spéciale qui émettait une faible lueur.

À l’intérieur de la pierre, l’image d’un mille-pattes de feu tournait lentement. Depuis des décennies, cette pierre absorbait sans cesse l’énergie invisible qui émanait de la lave.

Yang Zizang y jeta plusieurs cadavres d’Incubes transformés en armes de guerre spirituelles, après leur avoir injecté du Chronos.

Bien que le mille-pattes de feu fût mort depuis longtemps, l’essence d’Incube contenue dans cette pierre continuait à dévorer instinctivement ces objets, comme elle dévorait les êtres vivants pour se nourrir d’énergie, simplement cela prenait plus de temps.

Yang Zizang pouvait sentir qu’à mesure que son Chronos était dévoré, il parvenait désormais à percevoir occasionnellement l’existence de cette chose, bien que cette perception fût très faible.

Dans la nuit noire, au sommet d’une haute montagne, un jeune homme imposant, portant une cape faite de peau d’ours noir, arriva derrière Yang Zizang. Ensemble, ils regardèrent la comète qui apparaissait à l’horizon.

«Seigneur Serviteur, le seigneur nommé par le Disciple en chef lui a de nouveau offert une nouvelle épouse. Le donneur est le chef de la tribu Baiye du nord. Le village de cette femme n’existe plus.»

Le vent nocturne soufflait, le froid enveloppait la forêt. Yang Zizang, vêtu de simples habits, ne semblait pas sentir ce froid mordant.

«Le prochain livre se trouve à cet endroit. Va chercher son propriétaire, puis attends l’arrivée du Roi Immortel là-bas.»

Yang Zizang lui tendit un morceau de peau de bête ainsi qu’une pièce d’or servant de sceau et de récompense.

«Oui.» Wu Zheng prit la pièce d’or et la peau de bête sur laquelle était dessinée une carte, puis resta silencieusement debout derrière cet homme.

Ses rapports, cet homme n’y répondait jamais directement, mais il ne l’empêchait pas non plus de les raconter.

«Ta sœur va-t-elle mieux ?»

Entendant ce seigneur prendre l’initiative de parler, le jeune homme au visage froid esquissa un sourire qui venait du fond du cœur et acquiesça en émettant un son affirmatif.

«C’est bien.»

«Je voudrais lui donner une pièce d’or.»

«Bien sûr.» La silhouette de Yang Zizang disparut sur place.

Le jeune homme n’en était plus surpris. Il leva la tête vers la voûte céleste et les étoiles, serrant le poing droit.

Le Disciple en chef avait perdu la motivation initiale de sa quête. Lui-même et ses frères et sœurs qui s’entraînaient avec lui étaient déterminés à ne pas rester derrière ce genre d’homme.

Il inspira profondément, avança et regarda la falaise de mille mètres en contrebas.

«Le défi de cette fois : atteindre le sol en moins de trois minutes, sinon tuer mille bêtes à dents de dragon.»

Il sauta de la falaise, et après quelques mètres, ses deux pieds atterrirent fermement sur un rocher en saillie. Son corps bondit vers l’autre côté.

Le Disciple en chef du Temple mena sa puissante armée en campagne.

Leurs écritures saintes anciennes avaient déjà consigné d’innombrables expériences de réponse. Soixante et un ans plus tôt, il l’avait lui-même appliquée avec succès.

Mais chaque fois, le défi était plus grand, car ces décennies fabriquaient beaucoup, beaucoup de choses nouvelles.

Maisons, ustensiles, vêtements, et même les déchets abandonnés on ne savait où — tout cela pouvait engendrer des démons, à moins que la ville ne se développe pas du tout et reste dans ces anciennes maisons solides de couleur rouge sombre.

Dans cette petite ville que le chef attaquait en personne, les ombres commençaient à naître. Les guerriers autour levaient la tête, le regard brillant.

«Mes enfants, préparez-vous.»

Zhaguda, dont les cheveux commençaient à blanchir, parla d’une voix forte. À ses côtés se tenaient plusieurs de ses enfants, qui semblaient âgés de quarante à cinquante ans.

«Le Roi Immortel viendra-t-il cette fois ?»

C’était ce que tout le monde voulait savoir.

Les nouveaux guerriers du Temple ne pouvaient plus voir le visage de cet homme que sur les icônes saintes et dans les écritures.

Si le Saint Donateur vivant n’était pas assis sur le cheval à côté d’eux, ils auraient presque douté de l’existence réelle de cette personne.

Quelques années plus tôt, certains avaient répandu la rumeur que le Roi Immortel n’était qu’un nom de code pour un groupe.

D’autres disaient que c’était une ancienne famille possédant une mystérieuse lignée, qu’ils se mariaient entre eux et se ressemblaient donc, chaque génération semblant identique mais en réalité différente.

D’autres rumeurs encore affirmaient que le Roi Immortel avait abandonné le Temple, mais aussitôt, ceux qui colportaient ces bruits étaient écorchés vifs, suspendus à des cadres en bois et rôtis.

Mais plus on faisait cela, plus ces rumeurs se multipliaient, surtout en période de sécheresse ou d’inondation. Ces guerriers du Temple attendaient avec impatience cette année, ils voulaient savoir si le Roi était toujours là ou s’il était déjà parti.

Boum !

Une nouvelle maison se brisa, non pas en explosant vers l’extérieur, mais en s’effondrant vers l’intérieur, formant une ombre rouge sombre.

Les chevaux, effrayés, levèrent haut leurs pattes avant.

Boum, boum ! Le vent hurlait, de plus en plus d’Incubes naissaient.

«À l’attaque !»

D’innombrables personnes brandirent les armes saintes dans leurs mains, hurlant, se jetant sans peur de la mort vers ces créatures démoniaques.

La grande bataille fit rage toute la journée et toute la nuit dans la ville évacuée.

Zhaguda rêvait de recevoir à nouveau la récompense du Roi Immortel dans cette bataille, alors il se donnait à fond. Ayant reçu deux vies, même s’il était déjà au crépuscule de son existence, ses os et ses muscles étaient encore solides. Affronter seul plusieurs dizaines d’hommes n’était pas un problème pour lui.

Depuis des mois, il parcourait d’innombrables régions comme le légendaire Roi Immortel, voulant imiter de toutes ses forces le Roi qui traversait le continent pour sauver chaque endroit, accumuler plus de mérites, et obtenir une troisième jeunesse.

Mais à mesure que l’armée avançait, de plus en plus de nouvelles lui parvenaient — une autre troupe faisait la même chose que le Temple !

Et ces gens possédaient des compétences martiales redoutables, personne ne pouvait les arrêter.

Plus il en entendait, plus il était effrayé.

Finalement, avant l’arrivée de l’hiver, l’armée du Temple atteignit une autre grande ville à l’est du continent.

Devant la ville s’étendaient comme une mer d’objets.

Toutes sortes de pots et de cuves de teinture, des métiers à tisser, des cadres en bois, des tables, des chaises, des tabourets, et des centaines de milliers de flèches — des démons noirs et denses filaient dans les vagues d’air.

Les deux camps en guerre faisaient avancer leurs lignes au prix de leurs vies.

Dans le ciel, des démons ressemblant à des vêtements mais capables de se mouvoir librement, émettant des sons spectraux, étaient des dizaines de milliers. Chaque fois que la brume grise jaillissait, des gens hurlaient en se transformant en vrilles de chair tordue qui se dispersaient.

Au milieu de la multitude, le vieil homme sur son cheval blanc fendit d’un coup de sabre un démon né du bois qui chargeait. Soudain, comme s’il pressentait quelque chose, il tourna la tête vers le lointain.

À l’autre bout du champ de bataille, un groupe de personnes divisait rapidement le territoire des démons.

D’innombrables guerriers du Temple le remarquèrent aussi.

Ils regardaient, stupéfaits, ces quelques dizaines de personnes capables d’abattre des vagues entières d’ombres démoniaques qui déferlaient comme une pluie à travers le ciel.

Face à cette vague d’énergie dorée, ces démons semblables à des nuées de sauterelles tombaient au sol par grappes, devenant des reliques saintes scellées.

Parmi cette troupe se trouvaient des gens qui avaient défié le Temple ces dernières années !

Par exemple, cet homme robuste à la barbe légèrement grisonnante : cinq ans plus tôt, il avait tué un seigneur nommé.

Et cet autre type avec un bâton en bois : à lui seul, il avait massacré une patrouille de plus de trente hommes, volé les récoltes annuelles et les esclaves !

À cet instant, de l’autre côté, ce rebelle robuste aux longs cheveux blancs brandissait sa longue épée, tel un dieu de l’épée au milieu des dix mille démons.

La vague dorée se dissipa, et le Disciple en chef sur son cheval blanc aperçut cette jeune silhouette apparaissant au loin.

Boum ! Zhaguda eut l’impression que le ciel s’effondrait.

Au loin, le jeune homme leva calmement la tête, son regard traversant mille mètres pour croiser le sien.

Comme un coup de tonnerre qui éclatait.

Zhaguda regardait cet homme avec stupéfaction, cet être suprême.

Celui qui, depuis les temps anciens, avait marché sur la terre encore et encore… il dirigeait maintenant une nouvelle troupe… !

Des hommes courageux et pleins de vigueur entouraient le Roi à sa gauche et à sa droite.

Zhaguda avait l’impression de voir à travers des milliers d’années la légendaire «Brigade de Nettoyage» qui, depuis l’ère sauvage, traversait le continent d’innombrables fois.

Clang !

Une flèche d’ombre démoniaque arriva par-derrière. L’épée ornée et précieuse du vieil homme tomba du cheval. Il sentit sa vision s’obscurcir instantanément, comme si quelque chose explosait dans son crâne.

«Chef !»

Les gens autour, affolés, accoururent et l’entourèrent en cercle.

Mais leur chef ne pouvait plus les entendre.

Zhaguda tomba de son cheval, sa pomme d’Adam bougea légèrement, le sang à l’arrière de son crâne humidifiait l’herbe humide. Une auréole blanche et ronde apparut, flottant devant sa poitrine, avec des chiffres flous impossibles à distinguer.

[22N]

De l’autre côté de la prairie, la jeune fille au visage froid, dont la jeunesse semblait figée, regarda Yang Zizang à ses côtés puis afficha un sourire :

«Grand frère, il semble y avoir un incident là-bas.»

«Occupons-nous de notre propre affaire.»

Yang Zizang lança le Poing du Vent Furieux, imprégné d’une lueur dorée, et d’un seul coup, il ouvrit un passage de près de dix mètres dans la masse noire des démons.

À ses côtés jaillirent simultanément des souffles d’épée de glace et de flamme, la terre qui tremblait, et des incantations éthérées.

La silhouette de la comète disparut à nouveau solitaire à l’autre bout de la voûte céleste.

Sur la terre qu’elle survolait, le clairon de la révolte avait déjà retenti, et le combat se répandait à travers le continent…

Comment

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *