Chapitre 208 : Un matériau

Si la réponse pour retourner à la trajectoire du destin précédente se trouvait dans la Mer de Brume, alors les Glaces de la Mer de Brume étaient le premier matériau clé auquel Yang Zicang pouvait penser. Si Haili Keni, descendante d’une famille noble influente du Hevenzok, ne connaissait aucune piste à ce sujet, Yang Zicang était prêt à aller interroger les Distributeurs.

D’après ses contacts précédents, avec de bonnes conditions, les Distributeurs n’étaient pas totalement réticents à partager certaines informations.

«Les Glaces de la Mer de Brume… je n’en ai effectivement jamais entendu parler.» Véritable acquéreuse de cette villa, Haili Keni y logeait depuis quelques temps, l’endroit étant proche du bureau du général.

Elle réfléchit un instant. «Demain, je retournerai demander à mon grand-père. Lui qui fréquentait souvent les Brumeux comme vous saura peut-être quelque chose.»

«En ce cas, merci beaucoup, grande sœur Keni.» dit Hua Mi avec un grand sourire, de l’autre côté de la table.

«Ah, au fait, pourrais-tu encore nous aider ?»

Xue Qi, qui ne voulait pas trop importuner la jeune femme, se résolut à demander, exaspérée par ses échecs des derniers jours :

«Nous aimerions savoir s’il existe des informations sur les milieux scientifiques de chez vous — surtout du côté de la recherche fondamentale.»

Comme la demande était vague, Xue Qi n’osa pas préciser qu’il pouvait s’agir de technologies de rupture dépassant les limites de cette époque.

Mais Haili Keni se contenta de faire une légère moue et secoua doucement la tête. «Désolée. Ces questions touchent à la stabilité sociale. Même moi, je n’en sais pas grand-chose, et je n’y ai absolument pas accès.»

«Ah…» Hua Mi baissa les sourcils, déçue.

«Tout ce que je sais, c’est qu’il existerait une liste centrale de gestion des technologies. Les données techniques et les personnes qui ont étudié ces technologies y figurent comme cibles de surveillance prioritaire.»

Ainsi, tout était verrouillé. Yang Zicang exhala un souffle morose.

Avoir rencontré Jean Cri et Farmall, ces chercheurs privés, tenait de la chance. Il fallait aussi remercier le fait que leurs recherches ne figuraient pas sur la liste centrale de gestion des technologies.

Le lendemain matin, au moment où le soleil tiède crevait les nuages gris et se posait sur les blindés lourds qui défilaient au carrefour, Yang Zicang, déjà lavé, attrapa deux tranches de pain au hasard et se dirigea vers la cour.

Le chauffeur d’Haili Keni déposerait la jeune fille à son travail, puis l’emmènerait jusqu’à la gare près de l’état-major, en bordure de la ville, pour qu’il se rende au comté de Lu’an, dans le nord.

«Hé, attends.»

Xue Qi sortit précipitamment de la maison, traînant un long manteau et une valise en cuir, un morceau de pain entre les dents. Elle dévala les marches de pierre en courant. «Je viens avec toi.»

Haili Keni sourit doucement, assise côté passager. Par le rétroviseur, elle regarda la femme s’installer sur la banquette arrière et attacher ses cheveux. Son regard glissa de l’autre côté, effleura Yang Zicang qui semblait contempler les troupes défilant au-dehors, puis revint. «Allons-y.»

La berline noire au toit bombé s’engagea dans la rue.

Une dizaine d’heures plus tard, Yang Zicang et Xue Qi — vêtue d’une chemise en lin chiné et coiffée d’un chapeau assorti — sautèrent de la voiture, debout dans le soleil couchant. Au loin s’étendait un petit village réquisitionné par l’armée. Le sable jaune volait, le sol était partout couvert d’ornières de véhicules militaires, et l’air, mêlé de fumier, vibrait des hennissements des chevaux.

……

Une petite pluie fine tombait sur la Cité Argent-17 en ruines.

Li Mi, un parapluie à la main et un sac au bras, marchait jusqu’au bout de la longue rue en compagnie d’un garde rapproché. Devant s’étendait un petit cimetière. Un grand arbre verdoyant se dressait sur un tertre derrière les rangées de petites tombes, agitant doucement ses branches.

«Attends-moi ici.» dit Li Mi à l’homme à ses côtés avant de se diriger vers une tombe, à une dizaine de mètres.

L’homme à l’épée de Chronos le vit s’accroupir devant la pierre tombale et sortir de son sac une liasse de papier de paille, deux bougies, puis un vieux briquet. Une simple pression, une flamme jaillit, et il alluma ces papiers.

«En un clin d’œil, voici bientôt un an.» Li Mi déposa le papier devant la tombe, les yeux fixés sur les trois caractères « Kuang Yuming ». «Cette année, notre ville a beaucoup changé. D’abord, les gens sont devenus plus aimables.»

Il planta aussi les bougies, puis s’assit de côté sur une petite pierre que le grand arbre protégeait de la pluie.

«Ensuite, notre ville compte davantage de combattants d’élite. Et nous avons même trouvé le moyen de permettre aux gens d’obtenir un Moxel quadrilatère avec une forte probabilité. Tout cela, nous le devons à cet homme. Sans sa technique secrète, nous aurions tâtonné bien des années encore. Bien sûr…»

Il ramassa une poignée de terre au pied de la stèle et l’éparpilla sur sa base. «…il faut aussi te remercier pour ta contribution.»

{Beau-père, j’ai repéré quelqu’un qui approche rapidement.}

Li Mi tourna légèrement la tête.

{Confirmé : c’est une voiture de votre QG.}

[Bien. Merci de veiller, Fang Tian.]

Quelques minutes plus tard, une berline Incube s’approcha rapidement. Un homme, visiblement paniqué mais le visage empreint d’une excitation fébrile, en sortit et se précipita dans le cimetière.

«Qui est-ce ? Qu’y a-t-il ?» Le garde de Li Mi lui barra aussitôt la route.

«C’est le Directeur Chen qui m’envoie. Je m’appelle Midi.» Il montra le badge qu’il venait d’obtenir. Voyant Li Mi, plus loin, lui faire signe de le laisser passer, Midi prit une profonde inspiration et s’avança d’un pas un peu raide. «Ah, Directeur Li, bonjour.»

«Quelle urgence ?»

Se trouver devant le plus puissant combattant de la cité rendait Midi extrêmement nerveux. «Euh… notre équipe, elle…»

«Ne soyez pas tendu. Détendez-vous.»

Les yeux de Midi glissèrent malgré lui vers les trois caractères « Kuang Yuming » sur la pierre. Cela le distrayant un peu, il put enfin formuler sa phrase d’une traite :

«Directeur, l’une de nos équipes a découvert un autocar Incube.»

……

Roué de coups, le directeur Huang avait cédé trente ans de durée de vie et s’en était allé en se massant le bras, clopin-clopant.

«En quel bois était faite cette trique, pour être aussi lourde.» L’un des agresseurs, derrière, laissa tomber le bâton à ses pieds, incapable de le brandir plus longtemps.

Huang Xu regarda son bras. Frappé par ce bâton qu’il avait porté si longtemps, la marque était profonde, mais peut-être parce que le gourdin était épais, la douleur, atténuée par le Chronos, restait supportable.

Mais cette peau…

C’était de nouveau son âge d’origine.

Huang Xu s’y était habitué. Pourvu qu’il trouve ne serait-ce qu’une bête sauvage, il pourrait compenser la perte de cette raclée. Sur cette pensée, il retrouva sa suffisance.

Dans la lumière trouble de la Terre Hors-Fréquence, la nuit, éternellement crépusculaire, tomba bientôt.

Une bourrasque chargée de brume noire franchit les crêtes. N’ayant pas parcouru deux lis à cause de la douleur et de l’épuisement, Huang Xu s’était déjà recroquevillé dans un creux de talus pour s’endormir.

Soudain, il entendit un marmonnement confus.

Puis il vit des cheveux noirs, partout, denses et collants, balayer la terre.

Deux silhouettes couraient sur la route, derrière lui, poussant des hurlements silencieux — et Huang Xu se demanda bizarrement comment il savait qu’ils hurlaient en silence.

Fwoosh !

Une femme aux orbites noires, le corps gracieux couvert de plumes écailleuses et doté d’ailes dans le dos, apparut en lévitation devant lui.

Huang Xu resta un instant figé de stupeur.

«Toi… qui es-tu…»

{Je ne fais que passer. Je t’ai trouvé intéressant : jeter un tel trésor à l’ennemi, comme ça, sans façon.}

«Un trésor ? De quoi parles-tu ?»

D’un geste de la main, la femme fit venir des ténèbres lointaines un objet qui fendit l’air dans un sifflement aigu. Il atterrit dans un bruit sourd au creux de sa paume hérissée de supports pointus.

Les deux silhouettes qui arrivaient hurlèrent « silencieusement » et repartirent en courant dans l’autre sens. C’est alors que Huang Xu réalisa que c’étaient ses agresseurs du jour.

{Tu sembles ignorer de quoi il s’agit ?}

«Je… je ne sais pas.» Huang Xu essaya de se rappeler : en construisant cette cabane, il ne se souvenait pas d’avoir coupé ce bois un peu spécial.

{Intéressant. Perdre un objet si précieux, et les gens du circuit ne viennent même pas te chercher.}

La femme palpa les nervures du Bâton de Route, l’examina attentivement, puis dévisagea Huang Xu à plusieurs reprises.

{Ah, je vois. Tu as été béni par un Saint. Alors, je te le rends. Ne le perds plus la prochaine fois.}

Elle lança le Bâton de Route qui tournoya et se planta dans un « clac » sec devant Huang Xu.

Elle venait d’épousseter ses mains quand, soudain, elle tourna la tête avec effroi : {Qui va là !}

Dans la pénombre crépusculaire, une silhouette au visage métallique, à demi enveloppée dans de longues ailes, se tenait debout, lointaine, sur la ligne d’horizon obscure.

Le regard de la femme changea. En un battement d’ailes, elle s’envola. Mais la silhouette était déjà apparue derrière elle.

{Je n’ai pas touché à l’un des tiens.}

{Je ne fais que suivre le prélude de la mort.}

La femme, terrifiée, gronda de rage :

{Et moi qui ai eu la bonté de venir en aide à l’un des tiens ! Comment oses-tu pointer la mort sur moi !}

{Il n’est pas des miens. Et ce n’est pas moi qui veux te tuer. De toute façon, tu allais mourir.}

{Quoi !}

La femme tendit ses serres, une lueur commençant à poindre au-dessus, prête à déclencher son attaque. Le Corbeau Gris, flottant dans les airs, déclara :

{Fais une chose pour moi. Ensuite, je pourrai réécrire cette crise mortelle qui t’attend.}

En bas, Huang Xu écarquillait les yeux, comme dans un rêve, regardant les deux silhouettes disparaître à toute vitesse. Puis, la conscience un peu trouble, il reporta son regard sur le bâton planté devant lui et tendit la main.

[J’ai découvert le « Bâton de Route traversant les fissures ».]

Huang Xu tressaillit. Puis, comme si un souvenir tentait d’émerger, il ne lui resta finalement que le vague souvenir d’une grande bourrasque.

«Bâton de Route… traversant les fissures ? Qu’est-ce que c’est ?»

Il ne parvenait absolument pas à se rappeler comment il avait trouvé ce truc sous les débris de la maison effondrée.

Huang Xu leva la tête, un peu méfiant.

Au loin, les deux hommes, voyant la silhouette qui tenait le bâton lever les yeux vers eux, s’enfuirent en hurlant : «Il est avec ce démon !»

«Mon Dieu, vite, dites à tout le monde de quitter les lieux. Cette colline n’est plus sûre !»

En entendant ces cris, Huang Xu se réjouit. Il examina ce versant qui ne disparaîtrait complètement que dans deux ou trois mois. Allait-il pouvoir en être le seul maître tout ce temps ?!

Mon Dieu, sa chance tournait enfin !

……

À peine arrivés au 4e Régiment de Défense Frontalière de la Division Nord, Yang Zicang et sa compagne furent conduits vers le centre de recherche par le chef de la section d’entraînement du régiment.

«Vous voyez ces bâtiments là-bas ?» Le chef de section, le Commandant Yegor, désigna des maisons au toit en bois, à plusieurs lis de distance. «C’est une petite boutique qui vend des marchandises. On y trouve aussi de l’alcool, mais peu titré, et rationné.»

«Waouh, on a le droit de boire, ici ?» Xue Qi semblait découvrir un nouveau monde.

«Et alors, les gens du Waldestatt boivent encore plus que nous, ah ah ah, je plaisante.»

Yang Zicang comprit bientôt qu’il n’y avait absolument aucune mission de combat en première ligne à assumer. Des files de camions de ravitaillement étaient triés dans un campement non loin, puis partaient dans plusieurs directions. Là, il n’osait même pas utiliser la Nuit du Recueillement, se doutant bien que des experts se cachaient à proximité.

Tant que ces experts étaient là, les miliciens de la logistique ordinaires, pendant leurs temps morts, menaient une existence assez tranquille.

— [La Distributeur Avril·Odyssée indique « Lettre ».]

Une fois leur logement attribué, l’assistant de recherche, prévenu, vint avec empressement inviter Yang Zicang.

Quant à Xue Qi, qui mourait d’envie d’y aller, on lui fit carrément faux bond.

«Toutes mes excuses, Mademoiselle Xue Qi.» Le chef de section sortit du bâtiment d’hébergement. «Votre nom ne figure effectivement pas sur la liste d’invitation.»

«Ah, je…»

«Si vous n’avez rien à faire, veuillez ne pas quitter le terrain d’entraînement non plus. Les entrées et sorties déclarées sont assez compliquées.»

«Pfff… bon, d’accord. Disons que je change de lieu de confinement, tiens. Pff.»

La femme, pourtant élégamment mise, rentra dans sa chambre, résignée.

…….

Ellian Witt était une femme d’une trentaine d’années, à l’air très intelligent mais légèrement sévère.

Les lumières des deux immeubles voisins étaient éteintes, mais ce laboratoire brillait encore. Après avoir fait les présentations, Ellian Witt ouvrit l’enveloppe de documents que l’on avait demandé à Yang Zicang de lui remettre et y jeta un coup d’œil, le regard surpris.

«Vous êtes donc… ce monsieur. C’est incroyable. Je n’aurais jamais pensé vous rencontrer ici.»

«Hmm, ces papiers contiennent aussi des renseignements sur moi ?»

Il ne savait pas si c’était à cela que le Distributeur faisait allusion par « lettre ».

Yang Zicang, qui avait tenté sans grand succès de lire le contenu de l’enveloppe grâce à la Nuit du Recueillement, afficha une surprise tout aussi feinte.

La femme esquissa un sourire devant ce numéro.

«Bien. Notre… estimé Monsieur.»

Elle balaya du regard les chercheurs qui s’étaient retournés, et prit un ton beaucoup plus solennel :

«Suivez-moi, je vous prie. La recherche est bloquée à une étape cruciale dont nous n’arrivons absolument pas à sortir. C’est pourquoi nous avons sollicité l’aide du Bureau Général de Coordination des Ressources. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’un si grand personnage atterrisse directement chez moi.»

Yang Zicang, qui la suivait vers une porte en fer, trouva cela étrange. «En quoi suis-je un grand personnage ?»

«Comment ne le seriez-vous pas ?»

Arrivée devant la porte en fer, la femme fit signe à l’officier qui se tenait près du sas d’en déverrouiller l’épaisse fermeture.

Ils entrèrent. La femme se retourna alors :

«Vous êtes l’homme qui a affronté cet obus de plein fouet… et qui y a survécu.»

Yang Zicang marqua un temps, puis eut un rire d’autodérision.

— [La Distributeur Tatamingqi dit « Ha ha ».]

L’autre n’avait absolument pas pris son statut de « héros » au sérieux. Mais lui, à force d’être appelé ainsi par Lianna et les gens du Grand-Duché, avait fini par croire, sans s’en rendre compte, qu’il avait réellement accompli quelque chose d’héroïque.

«Voici le cœur, là-bas.»

La femme désigna un cristal minéral, protégé sous une cloche de verre, sur une estrade.

Yang Zicang s’approcha et l’examina attentivement. Comparé à cet obus décoloré et tout fripé, le cristal paraissait bien plus pur et raffiné, comme imprégné d’une mystérieuse énergie concentrée.

«Monsieur Buchen, vous souvenez-vous des circonstances précises lorsque vous avez été confronté à cet obus de sang ?»

Elle avait déjà fait signe à un chercheur en combinaison de protection chimique de commencer à prendre des notes.

En entendant Ellian, cette assistante de recherche parut surprise. Et tandis que Sessil poursuivait sa prise de notes, on sentait sa stupéfaction, même à travers l’épaisse couche de sa combinaison.

«L’énergie, à ce moment-là…» Yang Zicang décrivit ses sensations générales en fouillant sa mémoire, puis il ajouta une description des restes de l’obus de sang.

Cet homme avait survécu à l’impact direct d’un obus de sang !

La chercheuse qui prenait des notes crut avoir mal entendu.

Sessil se mit soudain à admirer ces gens du Bureau Général de Coordination des Ressources. Cette fois, le renfort extérieur avait été dépêché par le Général de brigade Ross, à ce qu’on disait — elle avait entendu sa maîtresse Ellian le mentionner la veille.

Elle ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil par-dessus son épaule à Yang Zicang, absorbé dans l’examen du cristal — puis sursauta en voyant son visage. Tirant discrètement la langue, elle se retourna et prit ses notes avec beaucoup plus de sérieux.

«Merci beaucoup pour ces données de première main. Elles sont vraiment inestimables.»

— [La Distributeur Tatamingqi exprime son « étonnement ».]

— [La Distributeur Loci·Tatamingqi, forte de son expérience, indique que le prélude éclatant que je suis en train de couver a atteint un nouveau nœud.]

— [La Distributeur Avril·Odyssée, avec une confiance renforcée, indique « Lettre ».]

«Lettre ?» Yang Zicang fronça les sourcils. Après réflexion, il mit cela de côté pour le moment.

Il examina l’aspect rouge violacé du cristal. «Où en est bloquée la recherche actuelle, et que puis-je faire ?»

Sur ce point, la femme semblait bien embarrassée.

«Nos recherches restent pour l’instant superficielles. Les instruments ordinaires sont incapables de mesurer les données internes. Nous avons fini par obtenir une substance susceptible d’analyser l’intérieur du cristal, mais nous n’avons pas l’instrument pour la contrôler.»

Voilà bien la fatalité de l’absence d’instruments scientifiques adaptés. Il fallait bien se douter que ce qui pouvait pénétrer l’obus de sang pour y effectuer des mesures n’était pas un artefact technologique ordinaire. Où diable trouver pareil équipement ?

«De quoi s’agit-il ? Puis-je le voir ?»

Yang Zicang ne se faisait guère d’illusions sur son champ des Cinq Éléments dans cette situation — il ne servait qu’à sonder la distribution des éléments, après tout.

«C’est une « aiguille » extrêmement fine. Et en même temps, c’est de l’eau.»

À ces mots, Sessil, pleine de vivacité, se leva et ouvrit le couvercle d’une boîte en fer en alliage spécial, posée sur une étagère.

«Ce liquide, à l’intérieur, est composé d’une multitude de minuscules aiguilles. Attention à ne pas le toucher directement. S’il pénètre votre corps, c’en est fini.»

Yang Zicang y perçut la signature énergétique d’une lignée.

«Ça… c’est… ?»

«C’est une sorte de sang. Pour employer votre terminologie de Brumeux,» Ellian réfléchit un instant. «on appellerait cela la lignée « Pénombre de Cangyu ».»

Encore Cangyu.

Avant que Yang Zicang ne puisse ouvrir la bouche, Ellian poursuivit :

«Quant à la Source Sacrée Divine correspondante, ce doit être l’« Empreinte Alchimique » de résonance. C’est pourquoi cet Anneau de Lignée peut être conservé ici, sagement, sous forme de matériau.»

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