Chapitre 65 : Go ! Prochain arrêt du Train de Minuit — Partie 3

«Yang Zizang !»

Dans cette lumière écarlate, Yang Zizang, qui venait de tourner dans un couloir métallique, entendit la voix incrédule du directeur Huang.

«Ha ! Je savais que c’était toi.» dit Yang Zizang à voix haute : «Tu t’es plutôt bien débrouillé, t’as changé de nom, hein ? Ton père est au courant ?»

Le couloir résonnait d’échos.

«Arrête de raconter n’importe quoi. Mon Incube symbiotique s’appelle Huang Zhong, ça n’a rien à voir avec Huang Xu.»

«Apparemment, l’Incube ne t’a pas encore complètement pourri le cerveau.»

Yang Zizang se transforma en ombre résiduelle et s’enfonça dans le couloir, arrivant rapidement là où se tenait le directeur Huang. Mais ce dernier avait déjà perdu sa trace.

Un Incube capable de se fondre dans le sol, c’était vraiment problématique.

Yang Zizang leva la tête. Du bruit confus provenait des canalisations en hauteur. Il semblait que quelqu’un l’avait suivi à l’intérieur.

Huang Xu, lui, était déjà retourné en courant.

«Mauvaise nouvelle, c’est bien ce Yang Zizang.» rapporta-t-il.

«Yang Zizang ?»

Le grand costaud au nom de code Lu Zhishen avait l’impression que sa tête allait exploser. L’aura meurtrière du Résistant l’accablait.

Il attrapa Huang Xu et lui fourra le livre dans les mains : «À toi.»

Dès que le livre entra dans ses mains, le directeur Huang eut l’impression que son esprit était gravement percuté. Complètement désorienté, il ne put qu’investir machinalement son énergie mentale selon les informations qui affluaient dans son esprit pour maintenir l’illusion née de ce livre.

Lu Zhishen sortit et respira bruyamment, comme libéré d’un poids énorme. Il avait l’impression de revivre.

Recueillir le Résistant, c’était vraiment une tâche épuisante.

«Huang Xu !»

L’écho résonna au loin, au-delà du couloir.

Le grand costaud fronça les sourcils. Tout en sortant, il jeta un coup d’œil à la montre-bracelet rouge sombre enroulée autour de son poignet et ricana froidement.

«T’inquiète pas, papy va s’occuper de toi.»

Il arriva à l’extérieur des canalisations brisées. À cet instant, la silhouette de Yang Zizang apparut en contrebas.

Leurs regards se croisèrent. Lu Zhishen ne put s’empêcher d’admirer intérieurement : une telle vigueur d’esprit, encore plus pure que celle de Lü Bu, comme un maître d’arts martiaux qui se serait entraîné pendant des milliers d’années.

«Quelle allure. Rassure-toi, je ne te prendrai pas la vie.» dit Lu Zhishen en riant.

«Oh ?»

«Parce que Ma Chao veut t’égorger lui-même.»

Yang Zizang resta interdit un instant, puis afficha un sourire moqueur.

Le son illusoire du train résonna dans le nid.

Entendant ce son familier, Lu Zhishen fut un peu déconcerté. À cette heure, Ma Chao n’était-il pas censé être de l’autre côté ? Pourquoi venait-il ici ?

Il examina sa propre conscience : aucune ondulation. Mais l’instant d’après, il vit derrière le jeune homme d’en bas apparaître l’ombre d’une station.

«Hé hé, c’était donc ça.»

Lu Zhishen afficha un sourire amusé, regardant le jeune homme comme on regarde un cadavre.

Quelques lignes lumineuses jaillirent vers la poitrine du directeur Huang, mais ce dernier, occupé à contrôler l’artefact secret, ne pouvait pas les recevoir. Conscients que quelqu’un d’autre avait pris le relais, les gens du Groupe des Héros tentèrent rapidement de contacter directement Lu Zhishen.

Une ligne rouge profond jaillit vers le petit anneau rouge qui apparut automatiquement sur la poitrine de Lu Zhishen.

[Heureusement que tu es sorti. Vite, reprends le corps de Ma Chao, il y a peut-être encore une chance de le ressusciter. Attention à son Incube, il peut dévorer les âmes !]

«Qu’est-ce que c’est que ce délire ?» Le grand costaud fut interloqué.

Boum ! Un train rouge et jaune traversa l’illusion en grondant, une partie de wagon apparut, dans la gare derrière Yang Zizang.

Le plus étonnant, c’est que Yang Zizang ne s’était pas endormi.

Le Dragon Psychique de l’Ombre Blanche apparut, tenant encore plus de la moitié de l’entité psychique de Ma Chao dans sa gueule.

Lu Zhishen regarda cette chose avec perplexité, puis comprit immédiatement de quoi il s’agissait ! Ses yeux s’écarquillèrent. Il regarda derrière Yang Zizang, incrédule, et ses yeux devinrent instantanément rouges de sang.

«Ah, c’est Ma Chao ! Qu’est-ce que tu lui as fait ?»

«C’est son choix. Maintenant, Ma Chao est ma monture.»

Yang Zizang, qui n’avait absolument aucune chance de s’endormir, dit cela délibérément.

Des bruits de pas de plusieurs personnes se firent entendre derrière lui. Yang Zizang tourna la tête et leur jeta un coup d’œil.

«Yang Zizang, arrête vite. N’empêche pas le Groupe des Héros de le recueillir, sinon un grand malheur arrivera !»

Ces gens avaient sur la poitrine des anneaux, rouges et blancs. Chose rare, les deux camps étaient mélangés pour une même cause.

Le regard de Yang Zizang se refroidit : «On dirait que la guidance du Conseiller ne fait pas le poids face à la puissance du Groupe des Héros.»

De toute façon, il ne pouvait plus désobéir au Conseiller. Le reste de son existence ne pouvait pas se résumer à rester ici. Seule la progression lui permettrait d’atteindre la vérité de ce monde.

Alors qu’il ouvrait la main, sur le point d’activer une compétence, soudain un cri retentit dans le couloir plus loin derrière lui.

«Yang Zizang, vas-y à fond ! Ces bons à rien, c’est moi qui m’en charge !»

Les pupilles du jeune homme s’écarquillèrent. Cette voix lui était familière.

C’étaient Luo Xin et ses coéquipiers.

Ici, l’aura écrasante du Résistant imprégnait tout. Rien que d’avoir pu pénétrer en ces lieux était un exploit que seuls les meilleurs pouvaient accomplir.

Ces gens venus pour couper la retraite n’étaient que de pauvres hères manipulés par le Groupe des Héros. Le visage de ceux qui comptaient couper la route de Yang Zizang changea. Ils venaient à peine de réorganiser leur formation que soudain une lumière de feu jaillit.

«Grand Frère Yang, je suis là aussi !»

Une silhouette gracieuse à moto apparut là-bas. Liang Xi sauta et, d’un seul coup, en envoya deux valser. La personne à la silhouette gracieuse jeta un regard froid de ce côté, et la moto sous elle rugit en fonçant sur ceux qui brandissaient leurs épées.

À l’autre bout du couloir, des cris de tuerie éclatèrent instantanément dans un chaos indescriptible.

Le regard de Yang Zizang s’empreignit de gravité. Il leva la main. L’arme de guerre Chronos de cinquante ans qui appartenait à Ma Chao exécuta une arabesque et se dressa en oblique vers le haut.

«Les mouches agaçantes ont trouvé à qui parler. Et toi, des dernières volontés ?»

«L’Épée des Nuages Tourbillonnants, cette Arme de Guerre Chronos.»

Lu Zhishen dressa son poing gauche. Le Quadrilatère rouge scintilla !

Le cadran de la montre à son poignet s’agrandit. Tic, tac, tic, tac, le bruit des aiguilles se répandait, pesant sur les cœurs comme des pas lourds et pressants.

«Viens. Mon Arme de Guerre Chronos et mon Incube symbiotique ne font qu’un. Je te le dis clairement : cinquante ans aussi. Je n’aurais jamais pensé que ces deux armes se battraient l’une contre l’autre.»

Boum ! Le cadran miroitait avec des aiguilles en rotation. Comme des ciseaux, elles s’abattirent dans un cliquetis.

L’espace entier fut instantanément comme recouvert de flammes illusoires rouges.

Un immense danger surgit au cœur de Yang Zizang. Il attrapa d’un geste vif la porte du train. Le train rugit et s’effaça dans l’ombre, traversant ce cadran de verre saphir qui s’étendait pour l’engloutir, et fonça vers la station d’énergie qui se déployait rapidement dans la tête du grand costaud.

«Il a vraiment…»

Lu Zhishen était à la fois affligé et furieux. Un Incube n’était jamais qu’un Incube, il n’y avait aucune loyauté à en attendre.

Yang Zizang, à califourchon sur la porte du train, porta une botte comme un chevalier : «C’est si difficile à deviner ?»

Lu Zhishen eut un moment de vertige, mais l’instant d’après, le cadran à son poignet brilla et le tira de sa torpeur. Déjà, un souffle puissant balayait l’arrière de son cou.

Le train, qui fonçait vers l’avant, apparut transversalement dans son dos. L’épée portée en estoc, traînant une ombre rouge, plongea.

«Tout le Chronos !»

[Parce que je suis Quadrilatère, je peux amplifier par quatre ! 39996N !]

Bam ! Le coup d’épée souleva le grand costaud.

Seul un investissement total de Chronos pouvait permettre de tuer d’un seul coup !

«Il t’obéit… à ce point !»

Le corps du grand costaud vola. Sa montre afficha de nouveau son cadran qui amortit sa chute.

[J’ai neutralisé 20000N.]

Une couche d’armure gazeuse, à peine perceptible, apparut sur Lu Zhishen.

Yang Zizang plissa les yeux : «Tu as un Module de défense.»

«Ha ! Alors n’espère pas me tuer d’un seul coup, imbécile.»

Un poing énorme, chargé de lumière rouge, fonça. Lu Zhishen se battait à grands gestes amples, les ombres de ses poings tonnant.

L’air explosa dans un grondement, mais ne put capturer la silhouette insaisissable qui flottait devant lui.

L’épée dans la main de Yang Zizang virevoltait comme un dragon. À travers le dense réseau d’ombres de poings, il porta une botte dans la gorge de Lu Zhishen. Bam !

[J’ai neutralisé 20000N.]

Cette couche d’énergie ne fit que faiblement onduler, à peine plus qu’avant.

«Je ne crois pas qu’elle puisse tout bloquer indéfiniment.» Yang Zizang maniait férocement sa lame.

«Exact. Mais je ne crois pas non plus que tu aies autant de Chronos !»

Tic, tac, tic, tac. Boum !

[J’ai neutralisé 999N.]

Yang Zizang passa par-dessus la porte du train d’un saut périlleux. Une lumière rouge jaillit de sa main. Les flammes explosèrent dans un grondement, chargées d’ombres illusoires rouge doré.

[J’ai neutralisé 20000N.]

[Mori !]

{J’arrive. Le plein : 9999N tout neufs !}

Les deux silhouettes s’entrechoquèrent de nouveau. Ombres de poings et ombres d’épée dansaient. Leurs jambes s’entre-frappèrent. Après un bref contact, ils furent tous deux projetés en arrière.

[J’ai été neutralisé de 39996N.]

En un instant, en une fraction de seconde, les 9999N tout juste reçus furent intégralement neutralisés, sans même durer une seconde.

«Prends ça !»

[Mori !]

Yang Zizang n’osait pas recevoir le poing gauche de son adversaire, armé de l’Arme de Guerre Chronos, sur aucune partie de son corps — car cela risquait de faire dépasser la limite d’amplification de 9999N de son Chronos défensif, entraînant une mort subite.

Heureusement, son long entraînement en rêve lui avait donné un contrôle corporel d’une finesse extrême.

Sa silhouette recula instantanément. Le poing passa à un cheveu de son nez. En même temps, il porta une botte d’épée de bas en haut vers les côtes de l’adversaire.

Au même moment, Mori lui avait déjà envoyé 9999N de Chronos frais.

Le Quadrilatère scintilla. La pointe de l’épée, qui venait de toucher le vêtement, s’embrasa instantanément de flammes illusoires dorées teintées de rouge. La pointe déchira le tissu et plongea vers la peau.

Tchang !

[J’ai été neutralisé de 20000N.]

À la Ville Plaque Tournante, Mori était couvert de sueur froide.

Mon Dieu, c’était donc ça, les combats de haut niveau !

FACK !

Un seul instant d’inattention, et votre coéquipier mourait… ou vous envoyiez l’adversaire dans un endroit terrifiant.

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